A un moment, on ne peut plus faire l’air de rien et ne pas se poser la question : les réseaux sociaux commerciaux sont omniprésents sur internet, et sont devenus l’une des principales portes d’entrée vers les sites internet classiques.
Nos sites se retrouvent dans une situation compliquée : que faut-il privilégier, les infos que nous relayons et leur diffusion la plus large possible, ou bien, en accord avec l’idée de la fin et des moyens, ne pas se plier à cette nouvelle mode qui ne s’essoufle pas, bien au contraire.
Peu de réflexions sur le sujet en français, et nous voilà bien démunis à Rebellyon pour penser ça. L’apparition sur Indymedia Bruxelles de boutons de liens web 2 commerciaux sur tous les articles (ainsi que sur la plupart des sites Indymedias propulsés par HyperActive) renforce encore le questionnement. Toute une série d’articles publiés sur Indymedia Londres permet déjà de débroussailler le terrain, ils sont regroupés dans l’une des pages d’explication du fonctionnement du site : Corporate Social Networking. Comme c’est le seul collectif à ma connaissance à avoir réfléchi au sujet, voilà une traduction très rapide de leur introduction au sujet :
Les réseaux sociaux commerciaux
Cette page est à propos des multinationales, du capitalisme, de la publicité, de la vie privée et de la surveillance - mais malheureusement elle est encore en construction. Pour le moment, c’est encore une ressource avec des liens vers lesquels vous pourrez trouver plus d’informatioins. Si vous ne voulez pas plus que quelques mots, nous pourrions résumer de cette manière : "Facebook, Google et les autres sont des multinationales. Les multinationales sont le mal. N’utilisez pas les services des multinationales". Egalement, nous pouvons vous dire que tout ce que vous dîtes en ligne est enregistré par des robots. Et que ce n’est pas anonyme, vous pouvez être identifié par votre IP, qui est en gros un numéro de téléphone ou une adresse utilisée par les ordinateurs sur internet. Mais, bien sûr, ce sujet est un peu plus complexe que cela. Qu’arriverait-il à votre vie si soudainement votre profil facebook et votre mail disparaissait ? Si ça vous fait peur, vous devriez passer quelques heures à lire des articles sur le problème d’avoir un compte Gmail. Leur business et le nôtre est un bon article pour commencer votre réflexion. (…)
Dans le même temps, vous pouvez écouter l’intervention qu’Eben Moglen, avocat au Software Freedom Law Centre, a donné sur "pourquoi Facebook est le mal" (…) ainsi que l’interview que Schnews a faite avec Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation (…). Vous pouvez également écouter la conclusion de notre sommet sur le logiciel Hyperactive [1] et lire ce que riseup a à dire sur le sujet sur le site des Womble’s.
Enfin, vous pouvez lire les articles sur le sujet des membres d’Indymedia, Ionnek (Non Corporate Social Network), Maqui (Corporate Social Networking .. How Cool Is That !) et Yossarian (Their Business and ours) [2](…)
Voilà, donc grande nouvelle : google, facebook, hotmail et les autres sont le mal. Si vous voulez reprendre le contrôle de votre vie, nous vous suggérons que de vous séparer de votre compte Gmail en faveur d’un compte sur riseup.net ou aktivist.org, et que vous jetiez un coup d’oeil à l’outil de réseau social et d’organisation politique Crabgrass. Ou encore que vous gardiez un oeil sur la future plateforme de réseau social Diaspora !
Les articles cités dans cette page sont pour la plupart très éclairants et synthétiques, un travail de traduction serait intéressant.
Parmi les rares articles en français que j’ai pu trouver sur le sujet :
un article du journal Outrage publié sur Rebellyon : Le web 2.0 ou l’ère du vide ;
un texte paru sur Indymedia Grenoble : “Become the media !” : de l’hacktivisme au web 2.0.
une critique anti-myspace trouvée sur radio FPP : (en pdf).
Des outils alternatifs à ceux des multinationales du réseautage sont en train d’arriver à maturité : Crabgrass et Diaspora cités dans l’article d’Indymedia Londres, mais également Laconica (StatusNet) en remplacement de Twitter, SemanticScuttle pour remplacer Delicious, etc. Peut-être faut-il saisir cette opportunité pour rapprocher militantEs libertaires et militantEs du libre fortement opposéEs à ces réseaux sociaux ? En effet, ceux-ci dépossèdent complètement leurs utilisateurs (de leur contenu, de leur vie privée, d’une réflexion sur les outils qu’illes utilisent) mais inventent (quoi qu’on en pense) une nouvelle manière de participer à l’information et de publier sur internet. Par ailleurs comment transformer le bruit, la procrastination et le renforcement des égos lamentables en une force collective au service de l’insurrection :p, ou plus prosaïquement en une production collective de savoir critique ?
A partir de nos expériences, d’un questionnement sur nos "objectifs" et des textes cités au-dessus, on pourrait commencer à y voir plus clair. Peut-être en listant des arguments pour, contre ou alternatifs ? [3]





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